Moi pour Toit
> «Le Nouvelliste» avait
axé sa campagne de Noël 2007 sur cette petite fille de la fondation
valaisanne qui avait besoin d’une transplantation de foie. Angie a
été opérée hier à Medellin (centre de la Colombie). Merci à vous et
à tous.
Elle
était arrivée en 2006, pétillante de vie, au centre d’urgences
Louis-Ernest de la Fondation Moi pour toit, à Pereira. Mais
rapidement, ses hauts et ses bas physiques, ses sautes d’humeur
alertèrent l’équipe professionnelle et médicale. Les premiers
examens approfondis diagnostiquèrent un grave problème de foie, dû à
une cirrhose. «Nous lui donnons une espérance de vie de deux
ans» lâchèrent, froidement, les médecins traitants. Délai:
printemps 2008. «Seule une greffe peut la sauver.»Tremblements.
Moi pour
toit comme seule famille
Angie a perdu sa maman, morte d’un
cancer, en 2004. En 2007, son papa mourut du sida, le jour même où
elle revenait d’une longue série d’hospitalisations pour examens.
Orpheline, elle a Moi pour toit comme famille. Comme espoir. Comme
lieu de vie. En avril dernier, sa situation se dégrada rapidement.
Les deux ans pronostiqués s’étaient écoulés. La greffe devenait
urgente. Depuis cinq mois, la fondation loue un studio à Medellin, à
six heures de Pereira, afin qu’Angie soit à moins de cent vingt
minutes de l’hôpital outillé pour ce genre de délicate opération.
Cinq mois longs comme une éternité pour ce bout de chou de 11 ans.
«Je m’ennuie de la fondation et de mes copines» nous
avoua-telle, dernièrement, lors de notre visite paternelle. La
semaine dernière encore, au téléphone, elle parut angoissée,
désespérée, perdue, triste. Pourtant, nous savions qu’elle était en
tête de liste d’attente. Même si l’attente devenait insupportable…
Le téléphone
sonne
Et hier, coup de fil de l’espoir.
Il était 23 heures suisses, 16 heures colombiennes. «Nous
avons un donneur. Nous commencerons à la préparer pour l’opération.
» Tourmente et lumière se mêlèrent. Peur et foi. Celle dont
chacun a aussi besoin pour vivre. A 4 heures du mardi matin, Angie
est entrée en salle d’opération. Elle en est sortie à 13 heures,
hier après-midi. «Nous réservons notre pronostic »,
nous commenta le corps médical. «Au milieu de la
transplantation, la petite a beaucoup saigné. Nous avons eu très
peur. Mais son état s’est stabilisé. Maintenant, il faut attendre
les premières heures afin de voir comment son corps réagit à ce
nouvel organe. Ces instants sont critiques et décisifs.» Le
suspense tord l’estomac. Question de vie ou de…
Gracias
A la fin octobre 2007, la
Fondation Moi pour toit lança sa campagne «Sauvons Angie». «Le
Nouvelliste» en fit sa tête d’affiche de Noël. Neuf mois plus tard,
la solidarité suisse – près de 100 000 francs ont été récoltés – et
colombienne – grâce au Département du Risaralda - accouche d’une
belle lumière. Celle qui nous fait espérer qu’Angie soit sauvée. Et
nous convainc une fois encore qu’une vie n’a pas de prix. Que l’on
soit du côté de la richesse ou de l’autre bord. En son nom, gracias.
Merci. Et une promesse faite et réitérée: «Angie, le jour où
tu es guérie, je t’invite en Suisse.» Lorsque nous lui avons
donné cet espoir murmuré à son oreille tendue, elle nous sauta au
cou. Et pleura. Souvenir toujours humide. Quand on y pense… souvent.