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" Articles sur la Fondation "

Retrouvez les articles de divers journaux sur la Fondation Moi pour Toit ...
 


Articles du Nouvelliste du 1 mars 2010

" Soucis financiers pour Moi pour Toit "

Les enfants de Pereira ont besoin du soutien des Valaisannes et des Valaisans.

Moi pour Toit > Les enfants de Pereira ont besoin du soutien des Valaisannes et des Valaisans.

Hier, la Fondation Moi pour Toit célébrait le 19e anniversaire de sa fondation officielle. Mais en lieu et place d’une fête, c’est un nouvel appel à l’aide que lance son fondateur et animateur Christian Michellod: «La fondation s’est développée grâce au soutien inconditionnel des donateurs, dont bon nombre de Valaisans, qui ont toujours été présents. Aujourd’hui, toutefois, avec la crise économique et le drame haïtien, nous nous retrouvons dans la même situation qu’après le tsunami de décembre 2004, en Asie. Je comprends évidemment que les gens fassent preuve de générosité envers les Haïtiens, comme ils l’ont fait après le tsunami, mais je me permets de lancer un nouvel appel pour que l’on n’oublie pas les enfants de Colombie. J’espère que les Valaisans continueront à me faire confiance et à soutenir ces enfants qui le méritent.»

Trois mois de vie. Au niveau financier, la fondation n’a ainsi plus que trois mois de vie devant elle: «Ce n’est pas de gaieté de cœur que je lance un nouvel appel à l’aide, mais la situation est réellement critique. Si plus rien ne rentre dans les caisses, je devrai mettre la clef sous le paillasson en juin prochain. Nous pouvons compter sur le soutien fidèle des membres du Club des mille, mais nous avons enregistré une baisse sensible des dons spontanés en 2009 (–40%).Mais j’ai bien l’intention de me battre pour inverser la tendance. Je ne peux en effet pas croire qu’un projet de 23 ans puisse mourir ainsi.»

5000 enfants. L’action de Moi pour Toit a débuté en novembre 1987 au travers de diverses manifestations en faveur des enfants de la rue de Pereira, en Colombie. Vu l’impact rencontré en Valais, Christian Michellod décidait de  légaliser ce mouvement qui est devenu une fondation en 1991. Depuis, plus de 5000 enfants – dont de nombreux cas

dramatiques – ont été accueillis dans les quatre foyers de Moi pour Toit, un pour les enfants âgés de 4 à 13 ans, deux  pour les adolescents de 13 à 18 ans et le centre d’urgences Louis-Ernest Fellay pour tout âge, entre la naissance et 18 ans. En plus de ces foyers, Moi pour Toit a développé une école qui reçoit aussi les enfants des bidonvilles voisins et un centre de formation professionnelle. Un bilan très positif donc qui mérite d’être soutenu.

Pour aider les enfants de la rue accueillis par la Fondation Moi pour Toit, vous pouvez faire un don spontané, devenir membre (parrain) du Club des mille ou faire un achat à la boutique de Moi pour Toit à Martigny.

Olivier Rausis

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Articles de la Gazette du 26 février 2010

" Le cri du cœur du fondateur "

Moi pour Toit > Christian Michellod lance un appel pour ses «enfants» de Colombie. Les temps sont difficiles et il faut un élan de solidarité pour aider l’association. Tout ce qui a été construit en vingt-trois années ne peut pas s’effondrer par manque d’argent! Il en va de l’avenir, de la survie de milliers d’innocents.

On parle d’un anniversaire concernant Moi pour toit, qu’en est-il exactement? Oui et non. Oui, parce que Moi pour toit est devenu officiellement une fondation le 28 février 1991. Non, parce que l’action Moi pour toit avait débuté presque quatre ans auparavant. En fait, tout a commencé en novembre 1987 à travers diverses manifestations en faveur des enfants de la rue de Pereira en Colombie. Vu l’impact en Valais, j’ai donc décidé de légaliser ce mouvement devenu une fondation en 1991. Nous en sommes donc à notre 23e année de bataille quotidienne et incessante. Car un enfant de la rue, un enfant abusé, maltraité, battu, exploité n’a jamais de vacances. Il doit lutter tous les jours pour sa survie. Et nous aussi pour lui tendre la main et le coeur.

A l’heure de célébrer un parcours de vie, on a l’habitude de faire un bilan. Peut-on donner quelques chiffres ou doit-on parler uniquement de sentiments?

Il y a le bilan chiffré. Plus de 5000 enfants ont été accueillis dans nos quatre foyers, un pour les enfants âgés de 4 à 13 ans, deux pour les ados de 13 à 18 ans et le centre d’urgences Louis-Ernest Fellay pour tout âge, entre la naissance et 18 ans. On vient d’y accueillir deux bébés, de trois jours et de trois mois, déposés devant la porte. Et la semaine dernière deux cas dramatiques comme toujours: un enfant de 7 ans qui avait été enlevé par la guérilla et que la police a réussi à récupérer; et une petite fille de 8 ans qui avait été violée par son père et son beau-père avec l’assentiment de la mère. Elle s’est échappée de chez elle et est venue frapper à notre porte. Les mêmes tristes histoires se répètent depuis toujours. Et il y a l’autre bilan, à plus large vue. Moi pour toit en est à la deuxième génération d’enfants. C’est-à-dire que les premières petites filles accueillies dans notre premier foyer au début des années 1990 sont maintenant des mères de famille, mariées, avec qui j’ai toujours des contacts, qui m’appellent encore papa. Si l’on peut parler de réussite, c’est dans ces exemples-là qu’on peut la comprendre. Tout en étant  conscient que c’est une lutte sans fin, de tous les jours, de tous les mois, de tous les ans.

Ces exemples nous laissent sans voix. Vous gardez pourtant le cap et continuez le combat. Avec quelle force?

La force de ne pas avoir le droit d’abandonner, tout simplement. On ne laisse pas tomber les plus faibles que je considère comme mes enfants. Alors je lance un nouvel appel pour récolter des fonds. Le budget avoisine le million de francs annuel. Une récente publication de la Confédération montre que la Fondation Moi pour toit est l’organisation suisse qui apporte le plus d’aide à la Colombie. Toutes institutions d’aide à l’enfance défavorisée confondues, Moi pour toit est le numéro un dans ce pays sud-américain pour être la plus complète. Car au-delà des quatre foyers, nous avons encore développé une école qui reçoit aussi les enfants des bidonvilles voisins, et un centre de formation professionnelle avec un diplôme reconnu par l’Etat colombien. Heureusement, ce dernier participe au budget à hauteur de 35% en 2010. Le reste des fonds vient de Suisse et surtout du Valais.

La crise économique n’a pas épargné la fondation...

Elle nous a frappés de plein fouet. Les chiffres 2009 viennent de sortir et la baisse des entrées atteint les 40%! Je n’ai jamais eu de matelas qui m’aurait permis de respirer et de travailler à moyen terme. Je vis presque au jour le jour. Plus précisément... au mois le mois. Aujourd’hui, j’ai trois mois de vie devant moi. C’est-à-dire que si plus un centime n’entre dans les caisses, je peux mettre la clé sous le paillasson en juin prochain. Si j’y pense, je suis envahi de sueurs froides. Je me dis qu’un projet de vingt-trois ans ne peut pas mourir ainsi. Mais j’ai la foi et l’espérance. J’y crois et je veux y croire et je me bats tous les jours avec cette conviction rivée au cœur.

Mais les Valaisans continuent de vous soutenir, en force?

Les Valaisans ont toujours été présents. J’espère qu’ils continueront à me faire confiance et à soutenir ces enfants qui le méritent. Dans cette crise, un élément me fait chaud au cœur. Les dons spontanés ont baissé de plus de 40%, mais les parrains, c’est-à-dire les membres du Club des mille, ont même connu une légère augmentation (+6,57%). C’est vrai que 20 francs par mois, soit 240 francs par année, restent dans les moyens de la majorité des personnes qui veulent donner la main à ces enfants, en sachant que c’est une aide directe, sous contrôle suisse du début à la fin. Un franc de don est un franc qui arrive sur le terrain directement. Et je suis là pour contrôler: en avril prochain, je fais mon 47e voyage à Pereira!

Dans ces conditions, comment envisager l’avenir, comment aborder l’année 2010?

Comme déjà dit, c’est le souci. Le gros souci. Je me retrouve dans la même situation qu’après le tsunami. J’avais alors poussé un grand cri. Au secours, au secours! Toute la générosité s’en allait en Asie. Cette année, le même problème se pose avec Haïti. C’est dramatique pour les Haïtiens, bien sûr. Et je le comprends. Mais les enfants de Moi pour toit, ceux qui sont encore dans la rue et qui attendent notre soutien, ne doivent pas et ne peuvent pas être abandonnés non plus. Alors que faire? Crier une nouvelle fois? Franchement, je me sens mal à l’aise. Pourtant, la situation est claire: j’ai besoin au minimum de 2000 francs par jour, tous les jours de l’année, et depuis un mois il n’y a que 20, 50 ou 200 francs qui entrent quotidiennement. Je vais rapidement arriver à un point de non-retour. Et je sens en moi comme une sorte d’impuissance. Je veux croire au miracle. C’est mon refuge. Et je ne devrais pas me sentir mal à l’aise, d’ailleurs. En 1991 et 1992, Moi pour toit n’avait pas l’ampleur actuelle en Colombie. J’offrais donc les 10% de nos entrées pour venir en aide à d’autres institutions qui avaient le même esprit d’aide directe. Et nous avions construit six centres de nutrition en Haïti, pour enfants de 1 à 3 ans. Le slogan de notre campagne était alors: «Ne pas oublier l’oubliée». Aujourd’hui, je souhaite que les généreux Valaisans n’oublient pas les enfants de Colombie.

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Articles du Nouvelliste du 20 décembre 2008

" Un cadeau pour Angie "

Moi pour Toit > La petite Colombienne de la fondation valaisanne, transplantée du foie le 1er septembre dernier, rejoindra Pereira demain dimanche.Nous l’avons rencontrée voici une semaine à Medellin.

Bâtiment Colina del viento, sur les hauts boisés de Medellin, la capitale du département d’Antoquia, ville aujourd’hui connue pour son métro et autrefois pour Pablo Escobar, le célèbre trafiquant de drogue. Appartement 471. Il est midi moins une. Nous frappons à la porte. «Angie, viens vite. Il y a quelqu’un pour toi», crie sa gardienne. Cachés dans la cage d’escalier, nous surgissons. Le choc. Emotionnel. Avec son masque de protection, Angie nous saute dans les bras. Nos larmes s’emmêlent. L’instant semble éternel, sans que nos regards se croisent, rougis par les émotions qui coulent à fleur d’yeux humides. Dieu merci, Angie, 12 ans, est sauvée, en vie, en vraie vie. Derrière sa «muselière» blanche, on devine l’immensité de son sourire, de sa joie, de son espérance. L’embrassade se poursuit. Tendrement. Après quelques minutes presque sans paroles parce que les gorges étaient sèches et nouées, les premiers mots, les derniers maux. «J’ai rendez- vous le jeudi 18 décembre avec mes médecins de l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul. Peut-être qu’ils vont me laisser rentrer à Pereira.» Depuis le mois d’avril à Medellin, à six heures de route de Pereira, d’abord en liste d’attente pour une transplantation de foie, puis, opérée le 1er septembre, en isolation dans un appartement qui la met à l’abri d’infections, Angie, orpheline de père et de mère, s’ennuie de ses copines et de ses copains de la fondation. Et vit au rythme de sa nouvelle existence dont les heures sont réglées sur la prise de médicaments. Vingt quotidiennement juste après l’opération, dix aujourd’hui. «Mais pour toute ma vie. Et avec deux interdictions de manger, pour toujours, entre six et dix heures du matin, six et dix heures du soir. Pour que les pastilles fassent effet.» Angie est sauvée. Oui. Et c’est bien là l’essentiel. Mais elle doit apprendre à vivre autrement. «Je suis si bien, tu sais Papa. Regarde…» Elle nous montre sa cicatrice, énorme, 28 gros points sur environ 40 centimètres. Et dessous, le foie d’un autre, son foie maintenant, sa foi en demain. Angie nous présente ses dessins aux traits assurés. «Je veux être artiste peintre.» Elle nous emmène dans sa chambre, nous sort une radio MP3 offerte par une fondation colombienne, nous raconte que des policiers déguisés en clowns lui rendaient parfois visite à l’hôpital. Nous mettons notre nez rouge, toujours à portée de main. Elle rit, pleure, nous sert très fort, trop fort, et de nouvelles larmes humidifient notre rencontre. Jusqu’au départ, retour à Bogota et en Suisse.

La délivrance

Jeudi soir. Avant-hier donc. Coup de fil pardelà l’océan. Angie nous répond. «Je sors maintenant de l’hôpital. Papa, tu sais, ils me laissent rentrer à Pereira. Je dois revenir à Medellin tous les mois pour des examens, mais c’est pas grave.» Dans sa voix, une immense joie. Quelques instants plus tard, la confirmation tombe: demain dimanche, Angie et Monica, sa cousine gardienne, prendront le premier avion pour Pereira. Et recommenceront la même vie, isolée, mais dans leur ville. Proches des leurs. Proches de toutes les personnes qui composent la grande famille Moi pour toit. Quel cadeau! «Angie, que voudrais-tu pour Noël?» Sa réponse nous arrache un dernier soubresaut lacrymal: «Que tu sois heureux, papa!» Il était un foie… un conte de Noël.

Christian Michellod

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Articles du Migros Magasine du 15 décembre 2008

" Pour le bonheur des enfants "

La fondation suisse Moi pour toit, active pour les enfants de Colombie, a été distinguée par le fonds d’aide Migros.

En Colombie, 45 millions d’habitants se partagent une terre 36 fois plus vaste que la Suisse et d’une richesse peu commune. Le Pays surprend par la diversité de sa flore et de sa faune ; il éblouit par l’abondance de matières premières et précieuses.
Hélas, la réalité sociale n’est pas la hauteur de cette image idyllique. Plus vieille démocratie du continent américain, la Colombie n’en n’est pas moins un pays de violence et, en maintes régions, de non-droit. Narcotrafiquants, paramilitaires et délinquants en tout genre font de ce pays un Etat corrompu où la justice est défaillante.

Plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, un tiers dans la misère. De plus, la Colombie connait l’un des taux de criminalité les plus élevés au monde : chaque année, on y dénombre plus de 20000 homicides.

En 2002, le Gouvernement colombien a désigné la fondation comme la meilleure institution sociale du département du Risaralda, dont Pereira (800 000 habitants) est capitale.

Ces conditions sociales précaires n’épargnent guère les enfants. On estime qu’ils sont deux millions à subir des maltraitances. Certains travaillent dans des conditions difficiles malgré leur jeune âge ; d’autres vivent dans la rue ou se prostituent ; d’autres encore combattent aux côtés des guérilleros ; certains, enfin, sont victimes d’homicides.
Bref, ils sont extrêmement nombreux à ne pouvoir vivre dans l’insouciance qui devrait baigner l’enfance.

Réaction valaisanne

En 1987, Christian Michellod, journaliste sportif établi à Martigny, se rend en Colombie pour y adopter un enfant. Saisi par les conditions de vie difficiles au sein du pays et par la grande précarité des enfants des rues, il entreprend de s’investir pour leur apporter un soutien.
De retour en Suisse, il monte le programme Moi pour Toit qui se consolidera et s’étoffera au fil des années. En 1991, la fondation obtient la reconnaissance de l’Etat du Valais et un statut juridique en Colombie.

Moi pour Toit a créé quatre foyers à Pereira. Ils offrent protection, éducation et espoir d’avenir à l’enfant et à l’adolescent en situation d’abandon ou de danger au sein de la famille.
Depuis trois ans, le centre d’urgence Louis-Ernest Fellay offre une vingtaine de places aux enfants de la rue. On les soigne, on écoute le récit de leurs difficultés, puis on les redirige vers une institution correspondant à leurs besoins. La fondation tend la main aux enfants des rues ou à ceux qui cherchent à fuir un climat familial malsain.
L’enfant vit dans l’institution comme dans une famille. Il bénéficie d’un hébergement, d’une scolarisation et d’un suivi par un éducateur. Dans la mesure du possible, la fondation tente de le réintégrer dans sa famille et joue le rôle de médiateur dans cette démarche.
De plus, elle a créé une école des parents ; lors des réunions, on y aborde les divers problèmes liés au développement de l’enfant. La fondation soutient également les familles dans leurs démarchent pour accéder aux soins médicaux et à divers services sociaux.
A terme, la majorité des enfants quittent l’institution pour vivre avec un membre de leur famille. Cependant, si la situation familiale ne permet pas la réunification, Moi pour Toit accompagne le jeune dans sa croissance afin qu’il devienne un adulte responsable, autonome, au bénéfice d’une formation professionnelle.

Aucune subvention en Suisse

La fondation abrite également une école qui assure la scolarisation de ses protégés ainsi que celle des enfants dont la famille manque de ressources pour leur dispenser une éducation

Le siège social suisse de Moi pour Toit se trouve à Martigny. Les frais sont couverts par la vente d’artisanat ou de café dans le magasin de Martigny et par diverses manifestations. En Colombie, le quart du budget est assumé par le gouvernement colombien. En Suisse en revanche, Moi pour Toit ne reçoit aucune subvention communale, cantonale ou nationale. Le solde du budget est couvert par les dons collectés sur le principe de l’aide directe : chaque franc reçu est intégralement reversé à la fondation.
En 2008, Moi pour Toit a reçu un important montant en guise de soutien de la part du Fonds d’aide Migros. Cet organisme discret est un engagement de Migros dans le domaine de l’aide au développement.
En favorisant des projets d’impulsion en Suisse et à l’étranger, Migros entend aider les groupes de personnes défavorisées à obtenir de meilleures conditions de vie et leur permettre de participer activement à l’organisation de leur vie quotidienne à longue échéance. Moi pour Toit disposera d’une partie de cette somme pour mener à bien un projet intitulé « le chemin de l’école ». Il s’agit de sécuriser l’accès à un centre scolaire de la fondation pour les enfants de Colombie.

Mélanie Zuber


Articles du Boletín Yo par Ti du Octubre 2008

" Una letra, dos alas "

De la palabra Angie a la palabra «ángel», sólo una letra marca la diferencia. Con la historia de esta niña de la Fundación Moi Pour Toi, los escépticos deben aclarar sus dudas. Sí, de verdad, los ángeles no sólo viven en el cielo, sino también en el alma y en el cuerpo de sus representantes terrestres.

Angie llegó viva y enferma a la familia Moi Pour Toi al inicio del año 2006. El diagnóstico hizo sollozar los corazones: esperanza de vida de dos años o necesidad de un transplante de hígado. Llanto y alegría, miedo y esperanza. Pero ya, de vez en cuando, los guiños de las alturas celestiales nos acompañaban.

El día de su primera comunión, en diciembre 2006, mi niña me regaló su osito que no se quita de mi carro en Suiza y me dijo: “Papá Christian, hago mi primera comunión. Así Dios, un día, me encontrará un hígado.” La fe no tiene edad y concretiza los sueños.

Una noche de padrinos, en el hogar mixto de Combia, se fue la luz. ¿A dónde fue? Todavía no sabemos. Quizás a los corazones de nuestras manos unidas. Era la hora de las palabras de agrade-cimiento que se regalaron sin irradiación artificial; y al momento mismo que Angie quería ofrecerme su ternura verbal, llegó el sol eléctrico, por casualidad que no existe.

El último detalle rastrea el destino. Desgrana lágrimas y estremecimientos en toda la piel. El año pasado, la Fundación publicó el calendario 2008. Nuestra niña vive en Medellín desde abril, a menos de media hora del hospital. Angie no aparece en el almanaque hasta el mes de septiembre. ¿Y entonces? Entonces fue operada el primero de este mismo mes. No había que desesperarse. Solamente saber leer las palabras divinas y tranquilizarnos.

¿Cuál es el destino de Angie recién operada, viva, feliz y alegre? De Angie a ángel, sólo una letra marca la diferencia. Ambas despliegan alas para volar. Le había prometido un viaje a Suiza, si recibía un hígado y el día que estuviera totalmente recuperada. Quince días después de la operación, me preguntó: “¿Suiza, es sólo para pasear o para estudiar?” Con Dios y sus representantes, nunca se sabe.

Papá Christian
Fundador y Presidente

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Articles du Nouvelliste du 3 septembre 2008

" Angie est sauvée "

Moi pour Toit > «Le Nouvelliste» avait axé sa campagne de Noël 2007 sur cette petite fille de la fondation valaisanne qui avait besoin d’une transplantation de foie. Angie a été opérée hier à Medellin (centre de la Colombie). Merci à vous et à tous.

Cette petite Colombienne de 11 ans a le droit de croquer a vie à pleines dents. Moi pour Toit se bat pour cela.Elle était arrivée en 2006, pétillante de vie, au centre d’urgences Louis-Ernest de la Fondation Moi pour toit, à Pereira. Mais rapidement, ses hauts et ses bas physiques, ses sautes d’humeur alertèrent l’équipe professionnelle et médicale. Les premiers examens approfondis diagnostiquèrent un grave problème de foie, dû à une cirrhose. «Nous lui donnons une espérance de vie de deux ans» lâchèrent, froidement, les médecins traitants. Délai: printemps 2008. «Seule une greffe peut la sauver.»Tremblements.

Moi pour toit comme seule famille

Angie a perdu sa maman, morte d’un cancer, en 2004. En 2007, son papa mourut du sida, le jour même où elle revenait d’une longue série d’hospitalisations pour examens. Orpheline, elle a Moi pour toit comme famille. Comme espoir. Comme lieu de vie. En avril dernier, sa situation se dégrada rapidement. Les deux ans pronostiqués s’étaient écoulés. La greffe devenait urgente. Depuis cinq mois, la fondation loue un studio à Medellin, à six heures de Pereira, afin qu’Angie soit à moins de cent vingt minutes de l’hôpital outillé pour ce genre de délicate opération. Cinq mois longs comme une éternité pour ce bout de chou de 11 ans. «Je m’ennuie de la fondation et de mes copines» nous avoua-telle, dernièrement, lors de notre visite paternelle. La semaine dernière encore, au téléphone, elle parut angoissée, désespérée, perdue, triste. Pourtant, nous savions qu’elle était en tête de liste d’attente. Même si l’attente devenait insupportable…

Le téléphone sonne

Et hier, coup de fil de l’espoir. Il était 23 heures suisses, 16 heures colombiennes. «Nous avons un donneur. Nous commencerons à la préparer pour l’opération. » Tourmente et lumière se mêlèrent. Peur et foi. Celle dont chacun a aussi besoin pour vivre. A 4 heures du mardi matin, Angie est entrée en salle d’opération. Elle en est sortie à 13 heures, hier après-midi. «Nous réservons notre pronostic », nous commenta le corps médical. «Au milieu de la transplantation, la petite a beaucoup saigné. Nous avons eu très peur. Mais son état s’est stabilisé. Maintenant, il faut attendre les premières heures afin de voir comment son corps réagit à ce nouvel organe. Ces instants sont critiques et décisifs.» Le suspense tord l’estomac. Question de vie ou de…

Gracias

A la fin octobre 2007, la Fondation Moi pour toit lança sa campagne «Sauvons Angie». «Le Nouvelliste» en fit sa tête d’affiche de Noël. Neuf mois plus tard, la solidarité suisse – près de 100 000 francs ont été récoltés – et colombienne – grâce au Département du Risaralda - accouche d’une belle lumière. Celle qui nous fait espérer qu’Angie soit sauvée. Et nous convainc une fois encore qu’une vie n’a pas de prix. Que l’on soit du côté de la richesse ou de l’autre bord. En son nom, gracias. Merci. Et une promesse faite et réitérée: «Angie, le jour où tu es guérie, je t’invite en Suisse.» Lorsque nous lui avons donné cet espoir murmuré à son oreille tendue, elle nous sauta au cou. Et pleura. Souvenir toujours humide. Quand on y pense… souvent.

Christian Michellod

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Articles du Nouvelliste du 25 août 2008

" René Higuita nouveau parrain de Moi pour toit "

Il n’y a pas de hasard. Que des rendez-vous.

Acte 1. Centre d’urgence Louis-Ernest Fellay de la Fondation Moi pour toit à Pereira. Au mur du bureau des éducateurs, une photo de quelques enfants avec, au milieu, René Higuita. Ah bon? Explication de Manasès, fidèle employé de la fondation. «La semaine dernière, un gosse m’appelle pour me dire qu’en face, sur la terrasse d’un bar, une personne ressemblant à Higuita buvait un café. J’ai regardé. C’était lui. Je suis allé à sa rencontre et l’ai invité à visiter notre foyer. Il est venu de bon cœur et nous avons fait cette photo.» Sympa.

Centre d’urgences Louis-Ernest.
Centre d’urgences Louis-Ernest. Quelques gosses
et le nouveau parrain. Le sourire des enfants
en dit long sur leur fierté

Acte 2. J’ai rendez-vous avec le Scorpion. Dernière question de l’entretien. «Pour vous, quelle est la qualité humaine primordiale?» René réfléchit deux secondes. Et répond: «Donner.» Je l’embrasse à la colombienne. Il rit, surpris de cette accolade subite de la part d’un journaliste. Je me présente aussi comme fondateur de Moi pour toit dont il avait connu un des foyers, une semaine plus tôt. Et j’enchaîne: «Donner? Ça tombe bien. Je te demande si tu veux être le parrain officiel de la fondation. » Aucune hésitation dans le regard ni la réponse. «Avec un immense plaisir. Et regardons une date. Je veux passer un après-midi entier avec tes enfants.» Une poignée de main scelle le contrat.

Depuis le 30 juillet, René Higuita est parrain de Moi pour toit. Pour l’ensemble de la fondation, en Colombie surtout, c’est un joli coup… de main.

Christian Michellod


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Articles du Le Matin Dimanche du 1er juin 2008

" Dans ce lieu sain, tout est amour et beauté "

Fondation Moi pour Toit

Cette fondation âgée de 21 ans, est l’œuvre du Valaisan Christian Michellod. Christophe Bonvin, William Besse et Gérald Métroz ont découvert un monde où tout est amour et où le travail qui y est entrepris est extraordinaire. Une école de foot va être créée. La FIFA est au courant.

De retour de Pereira (Colombie)
Textes : Jacques Wullschleger

En contrebas de la jolie école juchée sur un petit mont qu’on relie en empruntant un chemin aux pavés inégaux, il y a un terrain. « On va créer une école de foot », dit Christian Michellod, papa Christian  pour les enfants ici, père de la Fondation Moi pour Toit à Pereira, institution jugée la plus complète de Colombie. « La FIFA est informée de ce projet sportif », poursuit le journaliste valaisan. « Je connais le président Blatter : Il est né un 10 mars comme moi. Nous sommes deux poissons. Savoir ça l’a séduit. Ce qu’on envisage de faire l’a touché. Peut-être la FIFA financera-t-elle tout ou en partie de ce programme. C’est mon espoir. On va construire des vestiaires, des gradins. Ces infrastructures coûtent 180 000 francs. Pour la Colombie c’est un gros projet. Il nous faut donc des sous ».


L’école est accueillante. Elle est remarquablement structurée.
Les personnes qui y travaillent sont d’une compétence rare.

Une citation de Jean-Jacques Rousseau pourrait servir de devise à la Fondation Moi pour Toit : « Vivre est le métier que je pourrais t’apprendre ». Une école (mixte, enfants âgés de 4 à 13 ans), dont un centre d’urgence pour 30 pensionnaires du tout âge en provenance de la rue – ici, on mange avec une cuiller, il n’y a ni couteau, ni fourchette – composent l’institution âgée de 21 ans. Ce qui fascine, c’est qu’à peine arrivé dans ces lieux, les sourires éclairent toutes ces vies pourtant cabossées et les rires se transmettent, contagieux. Septante professionnels salariés d’une compétence rare – nutritionniste, éducateurs, professeurs, psychologue, phonologue, cuisinières, infirmières, etc. – forment un esprit de corps remarquable, impriment un rythme, donnent du bonheur aux enfants et aux ados qui après avoir tendu la main pour qu’on vienne à leur secours – drogue, maltraitance, prostitution – touchent le personnel par leur regard et une soif d’exister. Mais ici, le combat est aussi permanent et essentiel qu’immense. Là, le jour, il est rose ou noir.

Que des souvenirs

Jamais, ces mômes ne garderont de ces endroits que de mauvais souvenirs. D’anciens de cette institution ont voulu redonner ce qu’ils ont reçu. Ils sont éducateurs à la Fondation. D’autres sont à l’université ou ont trouvé du travail après avoir suivi une formation professionnelle chez Moi pour Toit, bénéficie des espaces de formation, dont une boulangerie, une menuiserie, une salle informatique, un atelier de couture et de confection. Mais une problématique demeure. « On a une grosse envie de les aider mais ont-ils envie d’être assisté », dit Kenny Giovanola, ancien journaliste valaisan, codirecteur de la Fondation depuis cinq ans. « Cette part de liberté doit rester chez chacun d’entre eux », ajoute l’intéressé. « Certains ont envie de retourner là où ils étaient maltraités, de tendre l’autre joue – ça concerne surtout les plus petits –, plutôt que d’être en institution où il y a des règles et un horaire à respecter, des devoirs à accomplir. D’autres sont attirés à retrouver la rue sans normes et qui a ses propres lois, pour y avoir vécu plusieurs carrières. Dans ces deux cas, je ne parlerai pas d’échec pour nous, pour le staff, mais ils impliquent une remise en question collective ».

Un chèque pour l’achat d’uniforme

Il y a une dizaine de jours, Christian Michellod a reçu la visite d’un directeur d’assurance porteur d’un chèque pesant plusieurs millions de pesos. « C’est génial ! On va pouvoir acheter des uniformes. Les enfants pourront se reconnaitre et ça gommera les différences ». Dans la journée, un bus ramène les plus petits à la maison où la vie est compliquée, où les situations sont souvent inextricables. « Il nous en faudrait un deuxième mais ça coûte un certain prix », ajoute le père de la Fondation. Ils sont 184 à lui porter des regards de douceur. « Je ne souhaite pas en accueillir davantage. Pour le moment. A moins de construire un autre bâtiment. Notre philosophie ? Privilégier la qualité. Je préfère accompagner par la main un enfant dès son arrivée jusqu’à sa sortie à 18 ans plutôt que de la lâcher à un moment donné ».

Communion parfaite

A Pereira, des enfants, placés dans d’autres institutions, fuguent pour venir chez Moi pour Toit. Où c’est bien. « L’harmonie, la gentillesse, le bonheur jaillit sur les enfants », dit Christophe Bonvin (ancien footballeur), admiratif. « Les gens qui donnent de leur vie pour les autres, ce sont eux les vrais héros de la société ». William Besse (ex-champion de ski) : « Ce qui surprend, c’est la joie des enfants, c’est le rapport affectif, d’amour, existant entre eux et les éducateurs. Le travail qui y est entrepris est exceptionnel. Il faut soutenir cette fondation. Ce qui s’y passe est absolument génial ». Gérald Métroz (consultant sportif, ancien journaliste) : « L’immensité du travail qui est accompli à Moi pour Toit est incroyable. C’est une île où on y enseigne le respect, la douceur, la tendresse et l’amour. Quel choc par rapport à la société qui est la nôtre »


Angie : « J’espère que Jésus va me donner très vite un foie »

Angie se trouvait dans un foyer de Moi pour Toit, jusqu’en avril 2008. Elle est jolie. Elle a 11 ans et sourit beaucoup. Son regard est un hymne à la vie et pourtant sa vie est fragile. Son papa et sa maman sont morts. Sa grand-mère qui s’occupait d’elle, aussi. Une cousine, des amis la veillent désormais. A Medellin, où elle se trouve provisoirement avant de réintégrer la Fondation. A Medellin où il y a l’hôpital qui la prendra en charge bientôt. L’existence d’Angie a la noirceur de l’âme. Pourtant, elle ne laisse rien transparaitre. Quelle leçon ! Elle passe son temps entre courte respiration paisible et crise de foie. Angie est née aussi avec l’estomac à l’envers. Sa santé ne lui a donc jamais laissé de répit. Alors Angie attend un foie. Une greffe synonyme d’espoir. Le coût de cette opération pour une vie ? 70'000 francs. Une somme versée à l’hôpital pour que son cas soit traité en priorité. Christian Michellod, sa Fondation, se sont battus pour que l’existence de cette petite Colombienne change. Enfin. « Papa Christian, sans toi je serai déjà plus là ». A Medellin et à Pereira, beaucoup prient pour qu’Angie vive.


Angie est bien entourée. William Besse, Gérald Métroz et Christophe Bonvin pensent tous les jours à elle.



Le tête-à-tête entre Christophe Bonvin et Mauricio Molina va se prolonger en Valais. Une histoire entre footballeurs est née.

Mauricio Molina : un footballeur adopté à Saint-Maurice

En août, il fêtera ses 15 printemps et il est à la Fondation Moi pour Toit depuis 2001. Mauricio Molina ? C’est un timide mais un garçon attachant, souriant. Pourtant, il a été élevé par sa grand-mère, qui le maltraitait et son oncle l’a envoyé dans la rue. Vie aussi cabossée. Il y a deux ans, Mauricio Molina a perdu sa maman. Deux ans sans père ni mère : c’est le délai légal permettant une éventuelle adoption. Très bientôt, Mauricio Molina vivra en Valais. A Saint-Maurice. L’autre jour, ses parents adoptifs lui ont téléphoné. En juin, ils seront en Colombie. « Il a voulu être adopté », dit Christian Michellod. Mauricio : « ça va être dur de quitter les copains, mais je suis heureux ». L’autre est de jouer au football. De devenir footballeur. Mauricio Molina est gardien. Pourquoi ce poste ? «Quant j’ai découvert le foot, j’ai tout de suite été dans le but », dit-il. En Suisse, il jouera peut-être au FC Saint-Maurice. Ou au FC Sion. Le football sera une des réussites de l’adoption.


Articles du Le Matin du 17 mai 2008

" Le Moi pour Toit de 3 Valaisans en Colombie "

Depuis quelques jours, Christophe Bonvin (au centre, ancien footballeur international), William Besse (à droite, ex-champion de ski) et Gérald Métroz (devant, ancien journaliste et consultant sportif), se trouvent à Pereira, en Colombie. Ils visitent la Fondation Moi pour Toit, action lancée par Christian Michellod (journaliste, à gauche) en 1987, devenue officielle en 1991 et reconnue par le gouvernement colombien un an plus tard.

La Fondation Moi pour Toit recueille et abrite à ce jour 180 enfants défavorisés de Pereira, dans quatre foyers et une école. Ces jeunes, provenant de bidonvilles ou de la rue suivent un programme d'accueil, d'éducation et de formation intégrale. Ils sont entourés par une équipe de 70 professionnels salariés. Le travail qui est entrepris est exceptionnel puisque de nombreux adolescents s'en sortent en suivants des études universitaires, en trouvant des emplois. Il y en a même qui reviennent à la fondation pour y occuper des postes importants.
Moi pour Toit vis sa 21e année : c'est relever sa crédibilité et l'excellence de ce qui s'y passe. Cette année, le budget s'élève à 1 million de francs. Soit 3000 francs par jour. Depuis 2007, le gouvernement colombien finance 35 % du budget. La Confédération helvétique, elle n'alloue aucune subvention. En Suisse 1500 parrains (dont Pascal Couchepin) soutiennent Moi pour Toit.
 


Articles du Nouvelliste du Samedi 27 octobre 2007

" Angie doit vivre "

SAUVONS-LA! > Ce beau sourire est menacé. Sans une greffe du foie, Angie ne survivra pas. Moi pour Toit a besoin de notre aide pour la sauver...

Cette petite Colombienne de 11 ans a le droit de croquer a vie à pleines dents. Moi pour Toit se bat pour cela.

La fondation s’engage pour sauver une petite Colombienne en danger de mort. Seule une greffe du foie peut la sauver. Elle compte sur vous.

MARIE PARVEX > Elle vient tout juste d’avoir 11 ans. Elle s’appelle Angie et vit à Pereira, en Colombie. Elle est orpheline et gravement malade. Cette petite a une histoire somme toute très banale. Sa vie est le lot d’une multitude d’enfants de par le monde. Et c’est justement parce que sa vie est emblématique de celle des gosses de Pereira qu’Angie est devenue la figure de proue de Moi pour Toit.

Un sourire menacé

Petite meneuse au caractère bien trempé, elle représente une double urgence. Non seulement elle est en danger de mort, mais en plus elle est entrée à la fondation juste avant de se faire totalement happer par la rue. La dangereuse liberté de la «calle» colombienne la tente et la menace encore, la poussant parfois à fuguer. Tout Moi pour Toit s’émeut et se mobilise autour de ce sourire lumineux qui dissimule pourtant des années de souffrance et de tragédie.

Déjà trop de souffrances

Angie a 7 ans lorsque sa mère meurt d’un cancer de l’utérus. Son père s’occupe d’elle, de son frère, et des huit autres enfants à sa charge, famille recomposée oblige. Puis, malade du sida, il doit renoncer à travailler et confie Angie à sa grand-mère.

Mais la petite passe son temps dans la rue. Elle devient agressive et s’expose aux abus sexuels, à la consommation de drogue, à la délinquance. Alors son père la confie à la Fondation Moi pour Toit. Elle est accueillie au Centre d’urgence où l’on contrôle son état de santé, évalue sa situation affective et psychologique. On découvre qu’elle souffre d’une hépatite depuis toute jeune. Son foie est déjà cirrhosé et les médecins ne lui donnent plus que deux ans à vivre. On est alors en mai 2006. D’hospitalisations en examens, Angie est épuisée lorsque son père décède sous ses yeux. Au mois d’avril 2007, l’hôpital de Pereira avoue son impuissance face aux souffrances de la fillette. La seule solution pour la sauver est une greffe du foie.

En espérant un don d’organe

Christian Michellod, fondateur de Moi pour Toit, prend des renseignements en Suisse et en France où on lui conseille de la mettre sur une liste d’attente en Colombie. Il est plus facile de trouver rapidement un organe là-bas, étant donné le taux de mortalité élevé. Cynique. Mais Christian Michellod cherche le meilleur pédiatre colombien et prépare son plan de bataille. Il lance l’opération «Sauvons Angie». C’était il y a quelques semaines.

Depuis, une Valaisanne, donatrice régulière de l’association, lui a téléphoné. «Pourquoi souhaitez-vous investir autant pour sauver un seul enfant alors qu’ils sont si nombreux à mourir de faim?» lui a-t-elle demandé. «Laisseriez-vous l’un de vos enfants mourir, vous?» lui a-t-il répondu.

 

 

MODE D’EMPLOI

Comment aider Angie et la Fondation Moi pour Toit ?

> Vous pouvez participer au souper de solidarité organisé par la fondation le 2 novembre prochain. Il vous en coûtera 150 francs dont 100 francs iront directement à l’association.

> Vous pouvez faire un don unique sur le CCP 19-720-6.

> Vous pouvez devenir membre du club des mille (individuel) pour 20 francs par mois ou du club des cent (entreprises) pour 1000 francs par année. Votre carte de membre vous donne droit à 10% de rabais permanent dans la boutique d’artisanat de Colombie, située à l’avenue
de la Gare 29 à Martigny.

> Vous pouvez vous investir dans l’association, si vous avez du temps et des idées. En menant des actions pour collecter des fonds, par exemple, en aidant à tenir le magasin d’artisanat de la fondation à Martigny ou encore en partant en Colombie comme bénévole. L’engagement bénévole fait cependant l’objet d’une sélection drastique. Il faut être âgé de 25 ans au moins, être prêt à s’engager pour une année entière et parler l’espagnol.

> Vous pouvez écrire à Angie à qui l’on vient de créer une adresse e-mail

Renseignements

> sur la toile (www.moipourtoit.ch)
>
par courriel (moipourtoit@mycable.ch)
> par tél. au 027 722 62 46 (Christian Michellod),
079 784 57 94 (portable),
027 722 06 06 (boutique).

>
par courrier (Fondation Moi pour Toit, Délèze 23, 1920 Martigny).

 

DES DATES

1987: Première action en Colombie.

Février 1991: Création de la fondation Moi pour toit.

Juin 1991: Ouverture d’un premier foyer accueillant douze filles.

Novembre 1992: Reconnaissance officielle de la fondation par le Gouvernement colombien.

1992: Achat d’une Finca (ferme caféière).

1995: Inauguration de ce nouveau foyer accueillant une quarantaine d’enfants.

1999: Ouverture d’un lieu
d’accueil pour adolescents
(quinze garçons).

2004: Ouverture du centre
éducatif Christian-Michellod.

Décembre 2005: Ouverture du centre d’urgence Louis-Ernest Fellay accueillant 22 enfants.



" Une main tendue pour les enfants "

En 1987, Christian Michellod est en Colombie pour adopter un fils. La détresse de tous les enfants, qu’il ne peut accueillir, le touche et il décide de les aider à trouver un refuge. L’idée de la Fondation Moi pour Toit était née, cela fait vingt ans maintenant.

Cinq structures à Pereira

Aujourd’hui, son action a pris une ampleur que Christian Michellod n’attendait pas. Concentrée sur la ville de Pereira, la fondation offre cinq foyers d’accueil pour enfants et adolescents. Orphelins et enfants des rues sont d’abord hébergés dans un foyer d’urgence où ils séjournent trois mois au maximum. Le temps d’analyser leur situation physique et psychologique et de déterminer quelle sera la meilleure solution pour les aider. Les adolescents peuvent ensuite être placés dans une structure appropriée, pour filles ou pour garçons, alors que les plus jeunes vivent tous ensemble dans une grande Finca, une ancienne ferme caféière où la fondation élève quelques animaux. Un centre éducatif assure une scolarisation adaptée aux jeunes et à leurs difficultés. Des ateliers de formation sont aussi en projet pour leur permettre de suivre un apprentissage. Ils devraient être reconnus officiellement par le Gouvernement colombien aux environs de fin 2008. La fondation remplit les standards de qualité exigés par la Colombie; ce qui lui permet d’être soutenue à hauteur de 35% de son budget par le gouvernement.

Dons intégralement reversés

Pourquoi soutenir financièrement cette petite association plutôt qu’une grande ONG professionnelle? «Il y a plusieurs avantages à soutenir Moi pour Toit. Premièrement, nous sommes en rapport direct à la fois avec les enfants que nous aidons et avec nos donateurs. Je me rends régulièrement en Colombie pour visiter les foyers et lorsque quelqu’un souhaite soutenir mon action, il peut me contacter pour en discuter avec moi. Il est très rare dans une grande ONG de pouvoir parler directement avec son fondateur. Deuxièmement, l’ensemble des dons arrive directement en Colombie et aucun frais n’en est déduit. Toutes les charges administratives sont financées par les bénéfices du magasin d’artisanat», argumente Christian Michellod. «Pour terminer, une structure aussi complète est unique en Colombie. Chez nous, un enfant est recueilli et suivi jusqu’à ses 18 ans. Nous mettons le prix qui est nécessaire, mais nous misons sur la qualité de l’accueil et de l’encadrement », poursuit-il. Le financement des cinq foyers coûte 3000 francs par jour. Les esprits critiques rétorquent souvent à Christian Michellod qu’avec de telles sommes il pourrait nourrir une multitude de bambins affamés. «C’est évident», reconnaît-il. «Mais sauver un enfant, ce n’est pas seulement lui donner à manger un jour. C’est aussi lui donner un cadre affectif le plus stable possible et le scolariser pour lui donner les moyens de prendre son indépendance et d’assumer sa vie d’adulte seul.»

Violence et guérillas

Alors, voit-on la vie en rose chez Moi pour Toit? La réalité crue rattrape souvent professionnels et bénévoles. La Colombie est sous le feu des guérillas menées par les cartels de la drogue. De nombreuses familles sont déplacées, obligées de fuir la violence. «Nous travaillons beaucoup avec ces enfants-là», explique Christian Michellod. Des enfants qui ont souvent commencé leur vie âprement et pour qui, parfois, l’appel de la rue est le plus fort. «Ils sont parfois éblouis par cette illusion de liberté. Et évidemment, ils ont le droit de quitter le centre.» Certains retournent à la prostitution, la toxicomanie ou la délinquance. D’autres fondent des familles, élèvent leurs enfants et subviennent à leurs besoins. «Aider, éduquer, former les enfants, c’est aussi prévenir la délinquance et la violence futures», conclut Christian Michellod. MP
 


 

 

«Je suis tombé
amoureux de
la Colombie lors
de mon premier
voyage»

 

 

 

 

«Je continuerai
à travailler pour
Moi pour Toit
jusqu’à mon
dernier souffle»

 

 

 

 

«J’accorde
beaucoup
de place
à l’humour»

 


"
Les deux visages de Christian Michellod "

PORTRAIT > Il est connu comme journaliste sportif ou comme créateur de la Fondation Moi pour Toit. Mais peu de gens savent qu’il s’agit d’un seul et même homme.

MARIE PARVEX > Christian Michellod, un homme entre deux mondes, un Janus valaisan. Un homme partagé entre son cœur et sa raison, entre l’engagement humanitaire et la plume de journaliste, entre la Colombie et la Suisse. «Mon cœur est en Colombie; étrangement je ne me sens pas de racines en Suisse. Mais ma raison m’impose de rester ici, de pratiquer un métier que j’aime et de subvenir aux besoins de la famille que j’ai fondée», avoue-t-il. Lancez la conversation sur sa fondation, Moi pour Toit, et vous ne pourrez plus l’interrompre. D’anecdotes en explications, le flot de paroles est dense. Essayez de changer de sujet? Il répondra quelques minutes durant avant de revenir, avec plus de verve encore, à ce qui le remplit tout entier. «Si vous m’enlevez la Colombie, je dépéris.»

Amoureux

Pourquoi un tel attachement? «Je ne sais pas très bien. Je suis tombé amoureux de la Colombie lors de mon premier voyage en 1975. J’y ai croisé des regards qui m’ont bouleversé.» Il venait de terminer ses études et avait décidé d’aller au Brésil. Et puis, une amie le détourne du droit chemin et il la rejoint à Bogota où elle enseigne au Collège suisse. Il y restera un an. «A un moment donné, je n’avais plus de visa et plus d’argent. J’espérais trouver un boulot mais en attendant je vivais chez une femme étrange, peut-être une adepte de la sorcellerie. Je dormais par terre dans son salon. Un jour, elle a soudainement interdit aux gens de la maison de me donner à manger. La nuit, quelqu’un cuisinait de la viande pour nourrir les douze caniches qu’elle hébergeait. Alors je mettais mon réveil à l’aube et volais un peu de la nourriture des chiens. » C’est dans cet extrême dénuement qu’il dit avoir découvert d’autres valeurs. Et sa propre capacité à positiver quelle que soit la situation. Christian Michellod, né le 10 mars 1952, est poisson. Et il le revendique! «C’est un signe positif et adaptable. Sans cela la fondation n’existerait pas!» Nous y revoilà. A son cœur, à sa fondation. Qu’attend-il? Que cherche-t-il avec tant de ferveur? De la reconnaissance? «C’est vrai que la reconnaissance des enfants envers moi est énorme et qu’elle est mon salaire.» Continuerait-il s’il n’y avait pas une telle valorisation de son travail ? « Il est difficile de répondre à ça. Mais je crois que je n’attends rien en retour.» Vraiment? Pas même un peu d’amour? «Oui, peut-être. Aimer et être aimé.»

Sportif

Pas de doute, «Papa Christian», comme on l’appelle en Colombie, est un sentimental. Son carburant, c’est l’émotion. Et il ne s’en cache pas. Son engagement est total. Comme une profession de foi. « Je continuerai jusqu’à mon dernier souffle», dit-il. Il est doué pour émouvoir ses congénères, d’ailleurs il a failli embrasser la soutane. Mais alors qu’il était au collège de Champittet, son goût pour le sport a pris le dessus.

Christian Michellod deviendra journaliste au «Nouvelliste», célèbre pour ses jeux de mots et autres calembours.«J’ai eu la chance de pouvoir trouver du travail dans un domaine qui a toujours été un hobby. En étant journaliste sportif, je côtoie la jeune génération. Du coup, j’ai l’impression d’avoir toujours 25 ans.» Et il concilie ses deux passions dans une seule journée, accordant les heures de soleil à sa fondation et celles de nuit au «Nouvelliste» où il œuvre en coulisse depuis une année.

Mais au fond, quel peut bien être le trait d’union entre ces deux Christian? Le goût de faire du bien peut-être. «Dans mon travail d’écriture, j’accorde beaucoup de place à l’humour. Si je réussis, en même temps, à informer et donner un sourire à un lecteur avant qu’il parte au travail, j’ai gagné ma journée.» Un jour, alors qu’il faisait une présentation dans un cycle, un jeune adolescent lui a demandé quelle vie il choisirait s’il était contraint de renoncer à l’une de ses deux facettes. «J’ai le choix entre un ballon qui franchit la ligne, ou pas. Et un enfant qui vit, ou pas. Tu choisirais quoi, toi?», lui a-t-il répondu.



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" Un Crayon de soleil pour les enfants "
 

Moi pour toi vient d'inaugurer son centre éducatif "Liceo Michellod" à Pereira (Colombie). Objectif : offrir une éducation spécialisée en tenant compte des difficultés et des souffrances de chaque élève.

Le ruban coupé par Christian Michellod jeudi passé au centre Moi pour toit est de ceux dont on emballe les cadeaux de Noël. Celui offert cette année aux enfants du foyer situé à Pereira (Colombie) a pris la forme d'un magnifique centre éducatif, composé de trois bâtiments en bois, soit six salles de classe. Inaugurée la semaine passée par le président de la fondation, le "Liceo Christian Michellod" permettra dès le mois de février 2004 à nonante enfants âgés de 6 à 11 ans (quarante de la fondation et cinquante autres de la communauté de Combia) de suivre des cours tout spécialement adaptés à leChristian Michellod, entouré par les enfants, coupe le ruban symbolique marquant l’inauguration du foyer colombien qui porte son nom. ur niveau, à leur rythme de travail et à leur difficultés. "Ces enfants ont pour la plupart souffert de malnutrition", explique la directrice de l'école Blanca Nelly Pinzon Lopez, qui derrière elle une carrière longue de trente ans dans différentes écoles privés du pays, comme enseignante et comme administratrice. "Il ont vécu une croissance physique différente et nécessitent donc d'une éducation spécialisée, personnalisée." Dans le public, les salles de classe sont souvent surchargées. "Elles comptent jusqu'à quarante élèves. Il est impossible dans ce cas de s'occuper individuellement de chacun d'entre eux. Nos  six classes seront composées de quinze élèves, ce qui permettra aux professeurs d'avoir une attention toute particulière pour chaque enfant." D'ailleurs, la méthode pédagogique appliquée au centre "Moi pour toit" sera marquée du sceau de la nouveauté, par rapport aux méthodes traditionnelles de l'éducation nationale colombienne. "Contrairement à ce qui se passe dans l'éducation  publique, chaque professeur est spécialisé dans sa branche. De plus, nous appliquerons ce qui s'appelle la pédagogie active, au sein de laquelle l'enfant travaille à son rythme, à travers des jeux, des ateliers. Il suivra une éducation plus pratique, donc moins théorique, l'objectif final étant que l'enfant acquière les bases solides dictées par l'éducation nationale."

Mortalité académique

Frappés par des histoires de vie à faire pleurer, allant de la perte d'un ou des parents assassinés à la tentative d'empoisonnement, en passant par la maltraitance voire la viol, ces enfants privés d'amour et de tendresse entrent à l'école avec un handicap certain, parfois insurmontable. "La mortalité académique est énorme. Tous les enfants de la fondation ont redoublé l'an passé. Et la plupart ont déjà deux ans de retard. Et pourtant, je suis sûr que ce ne sont pas des élèves incapables. Simplement, ils n'ont pas reçu l'éducation appropriée à leurs problèmes. Notre tâche, c'est de réduire ces inégalités et leur permettre de rattraper leur retard." Outre les branches essentielles et incontournables, les élèves, pour la plupart issus du milieu paysan, suivront des cours d'agronomie. "Ils vont apprendre à travailler la terre, planter des légumes, élever des animaux, comme des petits veaux, des cochons et des poules." Moi pour toit, c'est donc désormais une école pour eux. Ces petits cabossés de la vie qui méritent une attention toute spéciale indispensable à leur réinsertion scolaire et sociale. Crayon de soleil dans la grisaille de leur enfance douloureuse.

Kenny Giovanola

Un secteur négligé

Presque la moitié de la population colombienne ne pourrait pas lire ces quelques lignes. Même traduites en espagnole. "Quarante pourcent des Colombiens sont analphabètes" constate la directrice Blanca Nelly Pinzon Lopez. "Ce même pourcentage fait foi chez les enfants." Autre Chiffre qui fait frissonner l'échine: vingt pourcent soit. Soit le nombre d'enfants non scolarisés. "La désertion scolaire est grand. Comme l'école publique n'apporte pas l'appui nécessaire et ne s'adapte pas aux difficultés de chacun, certains jeunes sont démotivés et n'y retournent plus. La scolarisation est gratuite en Colombie, mais beaucoup de familles n'ont pas d'argent pour payer le matériel scolaire et les uniformes." La faute, en grande partie, à un gouvernement corrompu jusqu'à la moelle, qui ne met pas à disposition assez de personnel et de moyens. "Pourtant, une partie des impôts est prévue pour des programmes éducatifs. Mais cet argent n'est pas utilisé à cet effet." Résultat: les professeurs sont payés au lance-pierres. "Le salaire d'un professeur d'école primaire varie entre 250 et 350 francs. Les salaires n'ont pas augmenté depuis deux ans. Ce métier n'offre aucune possibilité de formation continue, les enseignants stagnent et perdent leur motivation."
 



 

 

 


Le drapeau suisse était à l'honneur lors de la
cérémonie du centre éducatif

Victor sourit. Regarde devant lui comme s'il se voyait plus loin et plus tard. "Oui. Je visualise. En quatre mois ici, j'ai plus appris qu'en onze ans ailleurs. Bien sûr, il faut vouloir s'en sortir. La journée, on suit des ateliers de formation, et le soir on va au collège de 18h30 à 22h10. Mais tu sais, papa: le temps c'est de l'or. Et on ne peut jamais le récupérer." Quand la vérité sort de la bouche d'un enfant de la rue… désigné et honoré comme le plus volontaire dans l'aide à la construction de l'école !

MiC

"Le temps, c'est de l'or"

Victor a 16 ans, une bouille d'ex-hippie, une coupe à la Carlos Vives, le chanteur numéro un en Colombie. 16 ans, mais déjà onze en institution. "Je n'ai aucune famille, j'ai été abandonné, seul, à l'âge de 5 ans. Depuis, je passe d'un foyer à l'autre. J'ai aussi été placé dans des maisons de correction. J'ai demandé si je pouvais venir à Moi pour toit. C'est dur, car les places y sont très prisées. Je suis donc ici depuis quatre mois et enfin je commence à dessiner dans ma tête un projet de vie. Je veux étudier l'écologie."


 


" Un plus pour un mieux "

Une pièce du puzzle.

Heureux les nouveaux pensionnaires !Trois foyers, des ateliers de formation professionnelle et maintenant sa propre école: la fondation Moi pour toit va de l'avant pour le bien et le meilleur de ses septante enfants qui ont entre 7 et 18 ans.
En douze ans d'existence, cette grande famille a accueilli près e 700 gosses. Avec toujours la même philosophie: un travail de qualité et la perpétuelle recherche des liens familiaux lorsqu'ils sont connectables.
La construction d'un centre éducatif colle précisément à cet objectif qualitatif. Maria Elvira Garavito, directrice et représentante de cette fondation octodurienne, en explique le pourquoi.
"Nos enfants souffrent tous de traumatismes dus à la maltraitance, à la violence et au manque d'affection. Très souvent déscolarisés, il y a un gouffre entre leur âge et leur niveau scolaire. Ils ont donc besoins d'une attention particulière et d'un enseignement individualisé afin de rattraper leur retard. L'école publique ne peut leur offrir ce service vital. Nos professeurs connaîtront l'histoire de chaque enfant pour pouvoir leur apporter également une thérapie psychologique. Avec cette école, Moi pour toit augmente encore la qualité de son programme éducatif."
Dans les yeux de Maria Elvira brille le même regard que celui qui illumine le visage des enfants.
Cadeau de Noël pour la fondation, cette école l'est aussi pour une trentaine de gosses de cette région caféière.
"Nous ne voulons pas non plus que Moi pour toit devienne un ghetto. Nous ouvrons nos portes aux enfants les plus défavorisés de la région qui ne pouvaient se rendre à l'école faute de moyens. Ce centre éducatif construit à l'intérieur de la fondation apporte encore une plus grande sécurité à nos enfants. Elle est une pièce supplémentaire au puzzle que constitue la fondation." A la question de savoir quels sont les éléments encore manquants, Maria Elvira rêve d'un centre d'urgences au centre de Pereira pour accueillir les enfants de la rue, et des micro-entreprises dans lesquelles travailleraient les parents des familles dans la misère. "Beaucoup de parents seraient capables d'élever leurs enfants s'ils en avaient les moyens économiques."
On le voit: la fondation Moi pour toit regarde plus loin que le bout de son nez d'enfant rieur. Son intégration dans la communauté rurale de la région de Pereira est une exemple de solidarité. Maître, le mot.

Christian Michellod


 

" Mon salaire, c'est le sourire d'un enfant "

La fondation fête ses 15 ans d’existence en 2006. En jetant un coup d’œil dans le rétroviseur, quelles réflexions vous inspirent ces années de joie, de partage, de solidarité, de générosité?
15 ans, en Colombie, c’est une génération. Une génération de lutte, tous les jours, pour ces enfants. Avec beaucoup de bonheur, toujours autant d’enthousiasme, mais aussi en sentant de plus en plus l’immense responsabilité qui pèse sur mes épaules. 15 ans, dans ce pays où la vie est plus courte à cause de la violence, c’est énorme. C’est un miracle. Et les résultats sont là, concrets. Actuellement, en Suisse même, vous pouvez rencontrer deux jeunes ex-pensionnaires de Moi pour toit: une fille de 25 ans et un garçon de 19 ans. Ils sont l’exemple tangible de notre travail à long terme. En un mot, mon salaire, puisque je continue de travailler bénévolement à côté de mon métier de journaliste.
 

Remontons dans le passé. Quel était votre état d’esprit en février 1991, vous vous en souvenez?
Comme si c’était hier! Février 1991, c’est la date à laquelle Moi pour toit, qui existait déjà depuis 1988, est devenue officiellement une fondation. Entre 1988 et 1991, je soutenais un foyer gouvernemental à Pereira. Les autorités n’ayant pas tenu leurs promesses, je m’en suis retiré et je me suis lancé tout seul. Avec la conviction que je pouvais réussir, connaissant les énormes besoins de la région. Et en juin 1991, le jour même où Pablo Escobar, le chef du cartel de Medellin, se rendait à la police, Moi pour toit ouvrait son premier foyer, un centre d’accueil pour douze petites filles, la première structure du genre dans cette ville de plus d’un demi million d’habitants!

A un moment ou à un autre, avez-vous été tenté de reculer face à l’ampleur de la tâche, avez-vous douté de l’efficacité de la démarche entreprise?
Non, jamais. Un jour de première communion à laquelle participèrent plus de vingt enfants de Moi pour toit – c’était le 8 décembre 2004 – le curé de la communauté voisine prêcha et utilisa une belle image: «Il y a la mer, il y a la plage. Sur la plage, des centaines de poissons ou de crustacés surpris par la marée basse et menacés de mort par la violence du soleil. Chemine un homme qui se baisse, ramasse un crabe et le jette à la mer, puis il en cueille un autre, et ainsi de suite. Cet homme ne peut pas s’occuper de tous ces poissons. Mais ceux qu’il a lancés dans l’eau ont une grande chance de s’en sortir. Voilà le travail de M. Michellod.» J’ai de nombreux enfants qui sont devenus adultes, pères ou mères de famille, je suis de multiples fois grand-père. Tout ce monde-là m’appelle Papa ou Papito. Pour un seul d’entre eux, je recommencerais ma lutte. La tâche est immense, mais le sourire d’un enfant encore beaucoup plus grand.

Quels ont été les temps forts de ces 15 ans d’existence de Moi pour toit?
La fondation a grandi plus ou moins lentement. Les moments forts sont multiples. Chacun de mes deux voyages annuels en est un. Pour moi, les temps forts se situent au niveau des émotions. Actuellement, nous faisons aussi des ateliers de travail pour les parents qui survivent dans des bidonvilles inimaginables et dont les gosses suivent notre école. En décembre dernier, j’étais dans la rue. Une femme s’est approchée de moi et m’a embrassée en me disant merci. Je ne la connaissais pas. «J’attends le bus. Je vais à la fondation pour suivre l’atelier de couture. J’ai vu votre photo là-bas. Merci pour tout ce que vous faites.»  Des instants comme ça, avec les gosses surtout, j’en vis continuellement. Ils sont mon moteur.

La fondation ne vit qu’à travers la générosité populaire. Il y a une année, l’argent des donateurs était plutôt destiné aux victimes du tsunami qui a ravagé l’Asie du sud, ce qui vous avait alors conduit à lancer un véritable SOS. Avec le recul, quel est votre sentiment sur cet appel à la solidarité valaisanne, le sentiment de trop demander?
Demandez et vous recevrez: la formule n’est pas de moi. Le SOS lancé fut écouté. Il m’a ouvert les yeux sur l’amour que les Valaisans portent à la fondation et à ses enfants. Je ne m’en rendais pas du tout compte. J’ai reçu énormément de paroles de soutien et d’encouragement. Moi pour toit fait partie du paysage et je dois continuer à peindre le bonheur sur le visage de ces gosses. Pour y parvenir, j’ai besoin des autres.

Et, aujourd’hui, les donateurs sont toujours fidèles. Sans eux, l’existence même de la fondation ne serait pas garantie?
Les 1200 parrains – membres du Club des mille à 20 francs par mois – sont la garantie, même s’ils ne couvrent que le 35% des fonds nécessaires. Moi pour toit ne touche aucun subside, aucune aide officielle. Sauf celle du gouvernement colombien qui finance le 10% du budget. Le reste, soit plus de 50 000 francs suisses par mois, provient de la générosité essentiellement des Valaisans.

On peut insister sur un point: l’argent des donateurs est acheminé directement sur place, il n’y  pas d’intermédiaire?
Exact. L’argent passe mensuellement du compte de la fondation en Suisse au compte de la fondation en Colombie, géré sur place par deux membres du comité directeur de Moi pour toit, dont Kenny Giovanola, un Valaisan engagé sur le terrain depuis bientôt trois ans. Un franc de don est un franc qui arrive intégralement à Pereira, puisque les frais, ici, sont financés par de la vente d’artisanat ou autres manifestations.

La fondation s’occupe aujourd’hui de 158 enfants. Des projets d’expansion sont-ils à l’étude ou la volonté est-elle d’asseoir ce qui existe?
158 enfants, 60 employés salariés, un budget qui approche les 900 000 francs: nous avons atteint la limite maximale pour une fondation basée sur le bénévolat. Mon principe n’a pas changé: la qualité du travail avant la quantité d’enfants. Avec l’ouverture du Centre d’urgences Louis-Ernest, en décembre dernier, nous avons une infrastructure très développée. Certains observateurs affirment même qu’il n’en existe aucune autre aussi performante et complète dans toute la Colombie. Avec une singularité: nous sommes au début de cette chaîne et à la fin. Moi pour toit en Valais et en Colombie, c’est la même fondation. Il existe beaucoup d’organisations qui soutiennent des projets. Nous, nous avons construit le nôtre. Jusqu’au bout.

Ce samedi à Martigny, à Martigny encore le 3 mai, puis à Sion le 11 mai, ce sera la fête des 15 ans. Sous quel signe sera-t-elle placée?
Sous le signe de l’émotion. Samedi, une journée pour les enfants surtout. Puis deux soirées sous le chapiteau de Starlight, un petit cirque du Soleil, avec repas et spectacle. Et avec la présence de deux ex-jeunes de la fondation, deux de mes gosses, que je vais pouvoir présenter aux amis qui nous soutiennent. J’en suis très fier. Et puis le cirque, c’est l’enfance. Ma lutte.


 LUZ MARINA, FRUIT DE MOI POUR TOIT
Un fabuleux destin

Luz Marina est née en Colombie, à Pereira, le 27 avril 1981. Il y a vingt-cinq ans, aujourd’hui même. Abandonnée dès la naissance par sa mère, elle vécut quelques années avec son père et sa belle-mère. «Mais j’étais maltraitée. Je ne pouvais plus supporter cette souffrance. J’ai préféré fuir.» Après avoir fréquenté un foyer d’accueil où elle était «enfermée avec quarante autres filles», elle a connu Moi pour toit. «J’ai rencontré des jeunes de la fondation qui me la décrivaient avec enthousiasme. Qu’on y trouvait de meilleures possibilités pour étudier, pour se former, pour affronter le futur et la société avec des armes en main et dans un esprit de famille. C’est la vérité!» Luz Marina est entrée à Moi pour toit en 1994, elle y est restée cinq années, jusqu’à ses dix-huit ans. Et même plus… «En 1999, j’ai passé mon bac. Puis la fondation m’a engagée comme secrétaire. J’ai obtenu un diplôme de secrétariat commercial et un autre en technique de comptabilité.» Pendant six autres années, Luz Marina fut donc la voix qui répondait aux appels téléphoniques et qui se chargea des tâches administratives de Moi pour toit. «Et puis est arrivé l’amour, un enfant, une nouvelle vie.» Avec Jérôme, un volontaire Neuchâtelois engagé à la fondation pour deux ans. La petite famille a définitivement quitté la fondation en Colombie, il y a quinze jours. Elle a atterri à Genève le lundi de Pâques dernier. Couple de Suisses…

«Et votre papa?» lui demande-t-on. «C’est papa Christian. C’est un être grand, noble, qui ouvre son cœur et qui protège tellement d’enfants, sans aucun intérêt. Il ne m’a pas seulement soutenu économiquement, mais il m’a offert son amour dans un foyer unique au monde. Papa Christian m’a donné une famille.» De la sienne, biologique, elle n’a plus aucune nouvelle. Depuis 1991!
Luz Marina est un fruit de l’amour de Moi pour toit. A croquer. Et l’arbre en porte beaucoup d’autres…

 

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